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Portrait du meilleur entraineur de PH 1 : Stéphane Soullard (Cherbourg)

 

Foot Actu : Depuis quand est tu à la tete de la réserve de Cherbourg ? Quel a été ton parcours de coach avant cela ?

Stéphane : Je suis à la tête de l’équipe B de l’AS Cherbourg depuis seulement une saison. C’est le coach de l’équipe première Vincent Hébert, qui est un ami de longue date, qui m’a contacté quand il a appris que j’étais sans club suite à mon départ de l’UC Bricquebec. Malgré d’autres sollicitations, qui m’ont fait chaud au cœur, je n’ai pas mis longtemps à me décider et à choisir l’AS Cherbourg pour plusieurs raisons : notamment la curiosité et la soif de me refaire la cerise car il n’y avait plus que le noyau. De plus, mon géniteur de père y a été joueur au début des années 60. On peut donc dire que c’est un retour à la case Postaire (ex-Stade Municipal) où j’allais le voir jouer confortablement installé au fond de mon landau poussé par ma mère. J’ai commencé le coaching à 31 ans (j’en ai 56) avec les minimes de l’UST Equeurdreville (U15 désormais) pendant 4 ans. Ensuite, après avoir arrêté de jouer à 35 ans, j’ai ‘’épousé’’ la B de l’UST, mon club de cœur, pendant 12 saisons. Ensuite, pendant une seule année, j’ai été l’adjoint d’Hubert Castets qui coachait le FCEH (fruit de la fusion UST/ASH). J’ai quitté ce nouveau club en 2009 pour signer à l’AS Querqueville où j’ai pris les rênes de la B pendant 2 saisons et ensuite celles de la A pendant également 2 saisons. Après ces 4 belles et riches années, je suis parti à l’UC Bricquebec pendant 3 ans avant mon arrivée à Cherbourg en 2016. En 25 ans, je peux vous assurer que j’ai traversé des périodes calmes mais aussi des périodes agitées avec un dénominateur commun, la passion, la rigueur, l’exigence saupoudrées d’un peu d’humour et de beaucoup de respect envers mes joueurs. Ce dénominateur commun est et sera toujours pour moi le mélange nécessaire pour obtenir le carburant qu’il faut à un entraîneur, quel qu’il soit, pour essayer d’avoir les meilleurs résultats possibles et d’avancer. Cela dit, parfois cela fonctionne et parfois cela ne fonctionne pas, tout dépend avec qui vous travaillez au quotidien. Il faut savoir que la vie d’un entraîneur lambda et comme celle d’un funambule, elle ne tient qu’à un fil et que l’on n’en maîtrise qu’un des deux bouts. Si ça lâche d’un côté, vous tombez, c’est aussi simple que ça… !

 

 

Foot Actu : Cette saison est réussie avec ce titre de champion de Promotion d’Honneur… ? 

Stéphane : Il n’est jamais simple au départ d’imposer ses idées et sa façon de voir les choses. Il est évident que l’on rencontre quelques petites difficultés au début avec certains garçons qui ont leurs habitudes voire leur routine footballistique. On les déstabilise dans leur confort individuel, si j’ose dire et je n’apprends à personne que le football est un sport collectif. Certains font donc des concessions et d’autres traînent un peu plus les crampons sur le quai pour monter dans le train mais, en très grande majorité, ils finissent par le faire. Il y a et il y aura toujours des têtes brûlées et, dans ce cas, je les laisse se consumer car on ne peut pas satisfaire tout le monde. Un coach doit en effet satisfaire 40 joueurs et un joueur lui ne doit satisfaire qu’un coach. Quand on capte ça, on peut comprendre aisément qu’un coach ne peut pas obtenir 100% des votes. Pour ce qui est de la saison, elle a été stressante car l’AS Cherbourg ‘’B’’ était évidemment l’équipe à battre, surtout à Postaire où nous avons perdu 3 matchs. Nos adversaires ne nous ont pas fait de cadeaux et cela dans les règles évidemment. Cela valorise donc notre titre obtenu par un groupe qui s’est motivé au fil de la saison qui avançait comme c’est bien souvent le cas dans le football amateur.

 

 

Foot Actu : Ce titre était il l’objectif en début de saison ?

Stéphane : L’objectif de la saison était avant tout d’être dans l’échappée avant le sprint final. Nous avons eu la chance d’en faire partie et d’arracher le bitume lors de la dernière ligne droite. Nous avons passé la ligne d’arrivée en tête mais je dois dire qu’il a fallu appuyer dur sur les pédales jusqu’au bout avant de lever les bras. Pour être champions, il faut de bons joueurs et de bons mecs, c’est indispensable. Le coach lui est là pour apporter ses idées comme je l’ai dit et faire les compos. Les joueurs eux sont là avec leurs qualités individuelles. Après, on fait monter une mayonnaise avec tout ça pour donner du goût à nos prestations, à nos victoires

 

Foot Actu : Seras tu toujours l’entraîneur de la réserve de Cherbourg la saison prochaine ?

Stéphane : Je serai toujours à la tête de l’équipe avec mon alter égo Jean-Bernard Leclerc qui est l’homme de l’ombre du groupe mais tellement indispensable à son bon fonctionnement. J’aime reprendre cette phrase de Bernard Blier dans le film ‘’Le Grand Restaurant’’ et qui dit ‘’qu’il n’y a que dans l’ombre qu’on y voit clair… !’’. C’est tellement vrai. On se complète parfaitement et nous sommes animés de la même envie, de la même motivation. On se confesse mutuellement et il m’est d’un grand soutien. J’avais perdu cette notion de complicité depuis 3 ans et cela rassure de ne pas se sentir seul dans les moments difficiles.

 

 

Foot Actu : Tu as etait élu par les autres entraîneurs du groupe comme etant meilleur entraineur de la poule 1, comment prends tu cette distinction ?

Stéphane : Je la prends avec beaucoup de plaisir et d’humilité. J’ai appris que dans ce milieu, on ne plaît pas à tout le monde et que l’on gêne même parfois. Par conséquent, c’est agréable pour moi de savoir que des adversaires de terrain m’ont plébiscité et je les en remercie du fond de mon banc de touche. Les personnes qui me connaissent savent que le football est pour moi vital. Je suis certes rigoureux et exigeant avec mes joueurs mais je le suis également et surtout avec moi et parfois plus que de raison. Mon épouse et ma fille qui m’autorisent à ‘’bouffer’’ du football tous les jours peuvent en témoigner. Pour perdurer dans ce sport et comme dans d’autres sports collectifs d’ailleurs, il faut vivre entouré de personnes qui vous permettent de le faire et j’ai la chance que cela soit le cas pour moi.

 

Foot Actu : Ton joueur Aurélien Delhay termine meilleur joueur du championnat, as tu un mot pour lui ?

Stéphane : Aurélien est un garçon charmant. Il pue le football et est très doué avec un ballon dans les pieds. Cela dit, parfois je ne vois pas l’utilité de ses gestes techniques venus d’une autre planète mais l’essentiel pour l’équipe est qu’il sorte souvent vainqueur de ses duels. Il a décidé de nous quitter pour rejoindre le FCEH. Je respecte évidemment son choix, mais je serai un menteur de dire que ça me laisse indifférent. Si j’ai une seule chose à lui dire ou plutôt à lui conseiller cela serait de se maîtriser quand un adversaire lui met un coup après avoir été victime de 5 petits ponts et autres roulettes dont il a le secret.

 

 

Foot Actu : Quelque chose à rajouter ?

Stéphane : Pour conclure, en 25 ans de coaching, j’ai croisé des centaines de joueurs et des dizaines de dirigeants. Il ressort de toutes ses rencontres et expériences que ce monde du football est un monde dans lequel il n’est pas toujours aisé d’y creuser son trou pour y imposer ses idées et ses convictions. Certains voudraient vous voir au fond du trou et d’autres vous aident à en sortir. Il y a des joueurs que vous pouvez emmener n’importe où et d’autres qui ont du mal à sortir du vestiaire. Entre ces 2 extrêmes, il y a heureusement beaucoup plus de bons soldats que de mauvais. Un groupe doit vivre ensemble 9 mois sur 12 et cela 3 fois par semaine minimum. Les spectateurs, qui se concentrent derrière la main courante le dimanche, ne pensent pas à ça mais il faut qu’ils sachent que faire vivre un groupe dans la joie et la bonne humeur n’est pas si simple. Je dirais même que c’est le premier travail d’un entraîneur amateur avant de leur coller un numéro dans le dos sur le terrain. Je cite également souvent mon premier entraîneur à l’UST, monsieur Mouchel, lorsque j’étais cadet (U17). Avant de nous apprendre à jouer au football, il nous avait appris à dire bonjour, merci, au revoir et à gagner, gagner et toujours gagner. Il est insupportable pour moi d’entendre certains coachs dire à leur joueurs ‘’ce n’est pas grave d’avoir perdu les gars, on fera mieux la prochaine fois’’. En disant cela, on les installe dans un confort mental qui les habitue à l’échec qu’ils transposent parfois pour certains dans leurs études ou leur vie professionnelle. Un entraîneur peut avoir beaucoup plus d’influence sur un joueur que ne l’a son chef d’atelier ou son prof de maths et même ses parents. Je dis ça car je l’ai vécu. La nouvelle génération a perdu certaines valeurs. Je sais qu’il faut évoluer mais un bon coup de pied où je pense peut parfois éviter à un joueur qu’il ne s’égare et, encore une fois, ça marche ou ça ne marche pas… ! Bonnes vacances à tous et merci encore pour cette belle récompense… !

 

 

L.T

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